Comme les plus grands, nous perpétuons et concluons ce blog avec un peu de retard. Mais il est nécessaire, je crois, de se faire attendre. Notons par exemple qu’à ce jour le blog des Cahiers du cinéma s’est arrêté en milieu de festival avec cette phrase : « Et, quand le film est fini, et que les lumières ne sont pas encore rallumées, on se lève, et on s’en va. » Rappelons à Eugénio Renzi que si les lumières n’était pas encore rallumées, c’est que le film n’était pas fini, et que le festival non plus. Notons tout de même quelques blogs qui se sont arrêtés au tout premier jour et au film d’ouverture Burn after reading, des frères Coen.
Un des grands jeux des derniers post de festival est de commenter le Palmarès, on trouve ici des « tout le monde sera d’accord pour dire que… » ou là des « pour ma part je salue » toujours sur un ton très personnels. Et bien Stardust Memories est cette fois-ci aller plus loin par cette phrase de fin de conclusion : « demain, on rentre à Paris« . Et je peux personnellement confirmer que cette suggestion a été mise en pratique et a fait le bonheur de nombreux lecteurs. Vous étiez douze à nous accueillir à l’aéroport grâce à ce post. Merci.
Un palmarès, c’est aussi un moment d’émotion pour les participants du festival. Wim Wenders par exemple, qui remis à Silvio Orlando la Coupe Volpi du meilleur acteur s’est excusé de ne pouvoir la remettre à Mickey Rourke, ce qui a sans doute profondemment ému Silvio Orlando.

Faisons taire au passage les rumeurs et les mauvaises langues, Silvio Orlando n’a pas 93 ans comme Mario Monicelli, il en a 51 et est (paraît-il) en bonne santé.
Toujours dans l’émotion, notre ami Mikaël a bien fait de rajouter cette phrase-choc de Darren Aronofski : « je suis ravi d’avoir gagné cette récompense pour ce petit film, d’autant plus à Venise ou j’étais venu faire du camping à 17 ans avec mon sac à dos…« . Aaah combien de réalisateurs rêvent du même exploit ? Combien de Steven-Spielbergs frustrés d’avoir nourri leur envie de cinéma par le désir de remporter un jour le trophé du meilleur film au camping de Juan les pins pour 1 Aronofski chanceux ? Sans oublier non plus l’importance du sac à dos qui est la révélation-émotion de cet aveu d’Aronofski. Il faut savoir que c’était un sac à dos qui avait une grande valeur sentimentale et qu’un livre de biologie trop lourd a cruellement assassiné à la rentrée des classes 1987. Et bien Aronofski dédie son Lion d’or à son sac à dos si cruellement pris par la vie.
Il est l’heure d’un bilan personnel. Mes collègues se sont chargé pour moi du bilan culinaire ; quel sandwich préconiser en temps de festival à Venise ? étant la question que vous nous avez majoritairement posé. Il y avait certe le « Bread Pitt » qui a amusé d’un petit sourire quelques dizaines de festivaliers, mais je recommederais personnellement le prosciutto uovo pour 2 € seulement qui garantie une pose goûter légère et au combien importante dans un festival comme Venise.
Passons sur des sujets développés au cours de ce blog mais dont aucun bilan final ne vient récapituler. C’est le cas du bilan-moustique de mi-parcours de Florence ou les conclusions philosophiques de Mikaël (« la Mostra n’est jamais là où on l’attend » ou encore « boire ou voir, le festivalier doit choisir » sont autant de questionnements qui ont stimulées les cerveaux stardustiens durant le festival, même celui du très silencieux Alyosha Saari, quatrième compère de l’équipe).
Puis, un sujet plus polémique maintenant, l’eau. On notera par exemple que l’ami Mikaël, encore lui, a sa propre interprétation quand aux déceptions cinématographiques du festival: « l’eau y est pour beaucoup » nous lance-t-il amèrement.
D’une autre côté, notre rédactrice Florence avec sobriété et éloquence ne fait qu’un seul commentaire global sur le festival, sous la forme d’une photo, celle d’un acteur tenant dans ses mains les testicules de Marco Muller.

Pour Marco Muller, c’est la faute au contexte politique, à Cannes, Toronto et Rome. Pour y remédier il veut, entre autre, fonder « la Mostra des films à faire » qui permettra, comme son nom l’indique, de venir voir les films que l’on ne fait pas. Programme généreux.
L’eau, le politique, les moustiques, le bread pitt, les fêtes, le camping, les méduses, la boisson, les sacs à dos, « demain on rentre à Paris » et trois films :
1. The Sky crawlers de Mamoru Oshii
2. The Wrestler de Darren Aronofski
3. Sell out de Yeo Jun Han
DDS