
La plaine brulante (titre français possible, qui sait ?), premier film de Guillermo Arriaga, tourne autour du feu. Mais il s’agit d’un feu bien réel concret et non d’un feu intérieur. On peut se bruler par amour, mais finalement ne laisser transparaitre aucune passion. Exemple: lorsque Kim Basinger veut voir son amant, elle prétexte sans cesse qu’elle va faire ses courses routinères. Mais si on a du mal à la croire, ce n’est pas tant qu’un désir et une excitation intérieure particulière se devinent, ce n’est pas que Kim est ambigue, c’est au contraire parce qu’elle n’arrive à convaincre de rien (ce qui est le contraire meme de l’ambiguité). Evidement, il faut ajouter à cela le fait qu’elle parte à toute heure de la nuit et du jour faire des courses qu’elle ne ramène d’ailleurs jamais. Cette absurdité ridicule (et qui n’éveille les soupçons de personne) complète l’obsession étrange de son fils pour des pigeons ou autres oiseaux : dès qu’il voit un oiseau, et ceci ou qu’il se trouve, celui-ci sort sa fronde (tel un Bart Simpson mexicain en puissance) , tue l’animal et en fait un barbecue, une fois de plus à toute heure du jour et de la nuit. Détails amusants certes mais qui ne plongent pas le film du coté de l’ironie. Ici, toutes les allegories scénaristique cachent mal la vacuité de la mise en scène. On en vient à penser que le principal défaut des films d’Innaritu, c’est Arriaga. Les deux hommes ne semblent d’ailleurs plus en très bon termes. Tant mieux pour Innaritu.
Independemment de l’influence du plus grand nombre (la presse française détestant à priori le cinéma d’Arriaga, gardant jalousement pour eux leurs raisons derrière d’insensés clichés qui relèvent surtout de l’impressionisme; la presse anglo-saxone voyant de très loin un potentiel Lion d’Or avec The Burning plain, s’appuyant sur les memes inepties), le film ne mérite certainement pas son attrait démesuré et paradoxal, certes. Mais soyons réalistes, il reste d’une cohérence qu’on retrouvera sans doute peu au long de ce festival et possède une certaine sensibilité, authentique. Il faudrait néanmoins passer outre un scénario (évidemment) manipulateur à l’excès pour l’apprécier. Et ceci est impossible. Malheureusement, le paradoxe de la forme (structure) éclipse le fond (déjà peu original) pour former un tout horriblement commun meme si pas inintéressant.
DDS
