On arrive à la mi-festival et l’absence de “posts” sur ce blog depuis trois jours veut aussi dire une chose: pas grand chose à dire sur ces films du milieu de festival, bien ternes par rapport à ce qu’on a pu voir les premiers jours. Dans ces cas-là, boire pour oublier est un remède. On s’y est apppliqués, d’abord dans un endroit secret à l’écart de la Mostra, loué par le festival Biografilm de Bologne, havre de paix ou les cocktails sont gratuits et servis à volonté tous les soirs. Ensuite sur l’ile de San Servolo, ou on a bu des coups avant-hier avec l’acteur, l’actrice et le réalisateur de “Sell out!” (sympathique comédie malaisienne refusée à Cannes et à Toronto). Enfin hier soir près du Rialto, où se tient en ce moment la Festa della Liberazione, rassemblement de gauche où pas mal de jeunes se retrouvent. Du coup, on a raté un petit paquet de films qu’on avait prévu d’aller voir (“Une nuit de chien” de Schroeter, “Parc” d’Arnaud des Pallières, le film russe en compétition filmé en gros plans “Paper soldier”, et surtout le finlandais “The visitor” dont on a eu de très bons échos).
Pour le reste, il faut avouer qu’on finit par quitter la salle à la moitié des films tellement c’est désolant. Ca commence avec “Il papa di Giovanna”, guimauve italienne en compétition, de Pupi Avati, une sorte de Lelouch italien, assommant de conformisme. Ennui encore devant “Voy a explotar”, cavale adolescente mexicaine puérile et fatigante. Jusqu’à “Rachel getting married” ce matin, terriblement bavard et sans ambition, signé par un Jonathan Demme qui semble décidément avoir jeté l’éponge.
Le problème se reproduit avec les films qu’on attendait plus ou moins au tournant. Ainsi avec ”The sky crawlers” de Mamoru Oshii: un souci évident de stylisation et de poésie, mais une histoire bancale et appliquée, une animation paresseuse, des personnages sans ame. Quand à “Milk” du réalisateur Semih Kaplanoglu, qu’on a eu l’occasion d’interviewer hier et qui se révèle par ailleurs etre un artiste de qualité (on se rappelle avoir beaucoup aimé “Yumurta” l’an dernier), c’est un film à belles images décevant qui n’arrive pas à embarquer tout à fait le spectateur dans sa narration et les quetes de ses personnages.
Sale temps pour les films donc. Les filles, elles, sont toujours magnifiques dans les rues, et un des grands avantages de la Mostra sur les autres festivals, c’est quand meme les vénitiennes.
Mikael